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D'après la situation du 9 janvier 2006
COMMISSION DU DANUBE
I.
La Commission du Danube,
organisation intergouvernementale, a été établie en vertu de l'article 5
de la « Convention relative au régime de la navigation sur le Danube ».
Depuis 1954 elle siège à Budapest, en Hongrie.
La Convention, signée le 18 août 1948 à Belgrade par
la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie, l'ex-Tchécoslovaquie, l'Ukraine,
l'ex-Union soviétique et
l'ex-Yougoslavie, est entrée en vigueur le 11 mai 1949. Elle constitue
un instrument important du droit international régissant la navigation
sur le Danube. La Convention vise à garantir la libre navigation sur le
Danube en conformité avec les intérêts et les droits souverains des
Etats membres, ainsi qu'à resserrer les liens économiques et culturels
de ces Etats entre eux et avec les autres pays.
En vertu de la Convention, les onze Etats :
l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, la Croatie, la Hongrie, la
Moldova, la Roumanie, la Russie, la Serbie et Monténégro, la Slovaquie
et l'Ukraine, actuellement parties contractantes à la Convention,
s'engagent à maintenir leurs secteurs du fleuve en état de navigabilité
pour les bateaux, à exécuter les travaux nécessaires pour assurer et
améliorer les conditions de navigation, et à ne pas empêcher ou entraver
la navigation.
La France, la Turquie, les Pays-Bas et la République
tchèque jouissent du statut d’observateur auprès de la Commission du
Danube.
II.
La Commission du Danube a été
instituée afin de veiller à l'exécution des dispositions de la
Convention, d'exécuter diverses autres tâches en vue de mettre en place
des conditions adéquates techniques et juridiques pour la navigation sur
le Danube. Les origines de la Commission du Danube remontent aux
conférences de paix de Paris, tenues en 1856 et 1921, ayant établi pour
la première fois un régime international afin de garantir la liberté de
la navigation sur le Danube. Ainsi, la Commission du Danube peut
s'enorgueillir d’être l’une des plus anciennes organisations
internationales. En outre, elle est la seule organisation internationale
dont le siège se trouve en Hongrie.
Pour marquer ces évènements historiques, la
Soixante-cinquième session de la Commission du Danube a décidé, le 29
novembre 2005, d’organiser en 2006 à Budapest au niveau des ministres
des affaires étrangères ou des ministres des transports des festivités
consacrées au 150e anniversaire de la création de la première
Commission internationale de navigation sur le Danube
En règle générale, les Etats membres sont représentés
à la Commission du Danube par leur ambassadeur, accrédité en Hongrie.
Deux fois par an la Commission se réunit en session ordinaire. Si
nécessaire, des sessions extraordinaires peuvent être convoquées. La
Commission tient régulièrement des réunions d'experts des pays membres
pour examiner des questions d’ordre technique, juridique et financier,
établies par le Plan de travail de la Commission du Danube, approuvé à
l’une des sessions ordinaires.
Les décisions de la Commission du Danube revêtent un
caractère de recommandation, et doivent être introduites comme telles
dans la législation nationale des Etats membres.
Selon l’article 8 de la Convention, les principales
tâches relevant de la compétence de la Commission du Danube sont :
a) de veiller à l'exécution des dispositions
de la Convention ;
b) de dresser, sur la base des propositions
et des projets présentés par les Etats danubiens et par les
Administrations fluviales spéciales (art. 20 et 21), le Plan général des
grands travaux dans l'intérêt de la navigation, ainsi que d'établir
l'évaluation générale des dépenses concernant ces travaux ;
c) d'exécuter des travaux, dans les cas
prévus à l'article 4 ;
d) de donner des consultations et de faire
des recommandations aux Etats danubiens au sujet de l'exécution des
travaux visés au paragraphe « b » du présent article, en tenant compte
des intérêts techniques et économiques, des plans et des possibilités
des Etats respectifs ;
e) de donner des consultations et de faire
des recommandations aux Administrations fluviales spéciales (art. 20 et
21) et de procéder à un échange d'informations avec ces
Administrations ;
f) d'établir sur tout le parcours navigable
du Danube un système uniforme d'aménagement des voies navigables et de
fixer, compte tenu des conditions spécifiques de tel secteur, des
dispositions fondamentales relatives à la navigation sur le Danube, y
compris celle du service de pilotage ;
g) d'unifier les règles de la surveillance
fluviale ;
h) de coordonner l'activité des services
hydrométéorologiques sur le Danube, de publier un bulletin hydrologique
unique et des prévisions hydrologiques de courte et de longue durée pour
le Danube ;
i) de rassembler les données statistiques
relatives à la navigation sur le Danube, pour autant qu’il s'agisse de
questions qui sont de la compétence de la Commission ;
j) de faire publier, pour les besoins de la
navigation, des ouvrages de référence, des routiers, des cartes de
navigation, des atlas ;
k) de préparer et d'approuver le budget de la
Commission, ainsi que d'établir et de percevoir les taxes prévues à
l'article 10.
Les langues officielles de la Commission du Danube
sont l'allemand, le français et le russe.
La Commission choisit parmi ses membres sa présidence
qui se compose du Président, du Vice-Président et du Secrétaire, élus
pour une période de trois ans. Depuis la fin de la 64e
session (18-19 mai 2005), la présidence de la Commission du Danube
nouvellement élue est composée comme suit : Président – Ambassadeur
Milovan Božinoviæ (Serbie et Monténégro), Vice-Président – Ambassadeur
Dr Ernõ Keskeny (Hongrie), Secrétaire – Ambassadeur Youri Moushka
(Ukraine).
La Commission dispose d’un Secrétariat qui se compose
actuellement de onze conseillers du plus haut rang pour les divers
domaines d'activité, et dix-neuf employés qui, en vertu de l'article 9
de la Convention de Belgrade contribuent par leur activité à
l'accomplissement des tâches mentionnées ci-dessus.
La Commission du Danube coopère étroitement avec
diverses organisations internationales telles que : la Commission
européenne, la Commission Centrale pour la Navigation du Rhin (CCNR), la
Commission économique pour l'Europe de l'ONU (CEE-ONU), l’Association
internationale pour la sauvegarde des intérêts communs de la navigation
intérieure européenne (IVR), l'Organisation Météorologique Mondiale
(OMM), l'Union Internationale des Télécommunications (UIT),
l'Association Permanente des Congrès de Navigation (AIPCN), la
Commission de l'Oder et l'Organisation Maritime Internationale (OMI)
Dans le cadre de ces coopérations, la Commission du
Danube accorde une attention particulière aux mesures visant
l'amélioration permanente des conditions techniques et juridiques de la
navigation intérieure en Europe ainsi que l'harmonisation des normes
législatives entre les Etats membres de la Convention de Belgrade, et
avec celles de la CCNR et de l'Union européenne.
La Commission du Danube coopère activement à la mise
en œuvre de la Déclaration de la Conférence paneuropéenne sur le
transport par voies de navigation intérieures, tenue au niveau des
ministres à Rotterdam les 5 et 6 septembre 2001.
Aujourd’hui, la Commission du Danube compte plus de
300 ouvrages et publications périodiques traitant de diverses questions
ayant trait à la navigation sur le Danube (questions nautiques,
hydrotechniques, hydrométéorologiques, d'exploitation et d'écologie,
ainsi que des questions économiques et statistiques) qu’elle a préparés
et publiés.
III.
Après le blocus du Danube par
les débris de trois ponts détruits à Novi Sad en avril 1999, suite aux
interventions militaires dans l’ex-République Fédérale de Yougoslavie,
la Commission du Danube a pris des mesures en vue du rétablissement de
la libre navigation sur le Danube. Avec la création d’une « Unité de
direction technique du projet de déblocage du Danube », la réalisation
du projet « Déblaiement du chenal du Danube » dont le coût avait été
estimé à 26 millions d'euros, a été entamée début 2000 avec le soutien
financier de l'Union européenne, s’élevant à 85 % dudit montant. Les 15
% restant ont été assurés par les contributions des Etats parties à la
Convention de Belgrade et de celles des pays non danubiens intéressés
par la libre navigation sur le Danube. Toutes les contributions ont été
versées sur le compte d’un fonds international, ouvert auprès de la
Banque Nationale d'Autriche à Vienne. L’Unité de direction technique du
projet était responsable de tous les travaux liés à sa réalisation, y
compris des adjudications ainsi que de l'utilisation des fonds. Le Fonds
a été géré par le Président de la Commission du Danube qui rendait
compte de l’avancée des travaux et de l’utilisation des fonds devant
l'ainsi dite Conférence des donateurs.
Le long processus de déblaiement du chenal navigable
du Danube ainsi que la nécessité, parallèlement, de poursuivre la
navigation dans la mesure du possible a exigé de chercher, en même temps
que le déblaiement du chenal, une solution technique répondant aussi
bien aux intérêts du trafic routier franchissant le Danube qu’à ceux du
transport nautique utilisant le Danube. La solution fut de mettre en
place un pont de pontons lequel, toutefois, vu la durée strictement
limitée de son ouverture et les paiements perçus par les autorités
compétentes pour ses ouvertures de courte durée, a entravé pendant
plusieurs années la navigation sur le Danube.
Pour cette raison, un objectif majeur a été
d’obtenir que le pont de pontons soit ouvert le plus souvent possible.
Le Secrétariat de la Commission du Danube a été
chargé de mener des négociations à cet égard. Grâce au concours
professionnel des autorités compétentes de Belgrade et de Novi Sad et à
leur capacité de coopérer, il a rapidement été possible d’établir des
horaires d’ouverture du pont de pontons conformes aux circonstances en
réduisant constamment les tarifs des taxes perçues à ces fins.
Suite à la reconstruction et à l’ouverture du pont
« Sloboda » franchissant le Danube, il n’a plus été nécessaire
d’utiliser le pont de pontons. Depuis partir du 7 octobre 2005, à 20 h
40, les bateaux peuvent passer à nouveau sans aucune entrave sur le
Danube à Novi Sad.
IV.
Les résultats de la mise en
oeuvre de la Convention de Belgrade peuvent être constatés dans le
développement positif de la navigation sur le Danube dans son ensemble,
dans l'accroissement du taux des transports sur cette voie d'eau, dans
l'intensification générale des relations économiques des parties
contractantes entre elles et avec les pays de l'Europe occidentale,
ainsi que dans l'augmentation du volume du commerce international.
Vu que le processus d'élargissement de l'Union
européenne, forte de presque 500 millions de consommateurs, a déjà
commencé, ainsi que l’adhésion ou la candidature de plusieurs autres
Etats membres de la Commission, il est important, en matière de
politique des transports européenne, de créer les conditions requises en
vue d’une meilleure coordination de la planification et du financement,
en particulier pour l'infrastructure des transports par voies de
navigation intérieure, non seulement dans les Etats membres de l'Union
européenne mais aussi dans les Etats candidats.
Dans ce contexte, l’harmonisation des règles,
prescriptions et normes techniques est également à prendre en
considération, ainsi que les prescriptions juridiques en vigueur sur le
Danube et le Rhin, au niveau de l'Union européenne, et celles adoptées
dans le cadre de la CEE-ONU, en vue de créer un système paneuropéen des
voies de navigation intérieure, y compris des structures
organisationnelles correspondant aux conditions réelles.
Dans l’ensemble de ces démarches nécessaires, la
Commission du Danube sert de charnière aux portes de la maison
européenne, qui, suite à la chute du rideau de fer se sont ouvertes
entre l'Est et l'Ouest, et contribue au renforcement de la coopération
entre les Etats hors de l'Union européenne et les Etats membres.
En septembre 2005, le Président de la Commission du
Danube et le Directeur général du Secrétariat ont participé aux
auditions tenues à Bruxelles sur le projet d’une Communication de la
Commission européenne concernant le soutien accordé à la navigation
intérieure au sein de l’Union européenne dont la version définitive
devrait être adoptée au cours de la première moitié de 2006 et qui aura
un caractère obligatoire pour les membres de l’UE.
Les conséquences de cette initiative pourraient
concerner non seulement l’activité professionnelle en cours mais surtout
la structure particulière de l’organisation de la Commission du Danube
étant donné que certains Etats membres de la Commission du Danube qui ne
font pas partie de l’UE ne sont pas, par conséquent, tenus d’observer
l’acquis communautaire.
Néanmoins, la Commission du Danube est disposée à
coopérer étroitement avec la Commission européenne étant prête à entamer
des négociations en la matière.
Il convient de souligner à cet égard que la direction
de la Commission du Danube et son Secrétariat nourrissent de grands
espoirs sur l’issue de la Conférence des ministres européens des
transports qui se tiendra les 13 et 14 septembre 2006 à Bucarest dans le
cadre de la CEMT, à l’intention de laquelle le Comité directeur institué
en vue de la préparation de la Conférence prépare un complément et des
mesures visant la mise en œuvre de la Déclaration de Rotterdam
(septembre 2001) des ministres européens des transports sur la
libéralisation et le renforcement du transport fluvial en Europe.
Ceci étant, la Commission du Danube ne sera en mesure
de résoudre les problèmes qui en découlent qu'après l'adaptation de la
Convention de Belgrade aux changements politiques, juridiques et
techniques qui ont eu lieu depuis 1948. La raison étant que, pendant la
période qui s'est écoulée depuis 1948, et tout particulièrement pendant
la dernière décennie, tout particulièrement dans les pays de l'Europe de
l'Est, les conditions sociales, politiques et économiques ont subi des
changements considérables, ce qui rend absolument nécessaire
l'adaptation de la Convention aux conditions actuelles.
A l'heure actuelle, un Comité préparatoire, qui se
compose des Représentants des Etats parties à la Convention de Belgrade,
étudie ces questions. La Commission du Danube est représentée aux
travaux du Comité en tant qu'observateur. Ce Comité doit élaborer des
amendements et/ou additions à la Convention de Belgrade à l’intention
d’une Conférence diplomatique, à convoquer dès 2006.
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